Chaloupe

Pour changer d’air, la Bretagne doit changer d’agriculture

 

Quand on parle de pollution de l’air, on pense surtout à la pollution due aux voitures, aux cheminées, aux usines, mais on méconnaît celle due à l’ammoniac (NH3). La première enquête du nouveau média breton indépendant Splann ! apporte un éclairage très intéressant sur cette question. Ce gaz qui génère des particules fines dans l’air est responsable d’une mortalité importante (48 000 décès prématurés selon Santé publique France) et de maladies diverses (cancers, maladies cardio-vasculaires, respiratoires...). Les agriculteurs sont d’ailleurs les premiers exposés à ce gaz. Il provient à 95 % de l’agriculture : lisier, engrais épandus dans les champs et digestats des méthaniseurs. Or la Bretagne concentre un nombre anormalement élevé de porcs (58 % des porcs du pays), de volailles (1 poulet sur 3 provient de Bretagne), de vaches (21 % des élevages laitiers). Sur la carte publiée par Splann !, plusieurs régions sont en rouge : le Léon, le centre Finistère, le centre Bretagne et la région de Lamballe. Rien d’étonnant que notre région soit la première émettrice de ce gaz alors que sa surface agricole utile ne représente que 6 % de celle du pays. Cette concentration est aussi responsable bien évidemment de la présence des nitrates dans l’eau (qui a baissé mais stagne aujourd’hui à 29-31 mg/l) et du phénomène des algues vertes qui pollue nos plages, quoiqu’en disent certains...

Et pour élever ces animaux, d’où provient majoritairement l’alimentation ? Et quelle est la part destinée à l’exportation ?

La France s’est engagée auprès de l’Union européenne (directive de 2016) à baisser de 13 % ses émissions d’ammoniac. Pour la CLCV, il n’y a pas d’autre alternative pour y parvenir que de changer le modèle agricole intensif actuel :
  - diversifier l’agriculture bretonne : diminuer les surfaces consacrées à la viande et favoriser l’autonomie fourragère (herbe, protéagineux) afin de réduire drastiquement les importations de soja du Brésil et d’Argentine (déforestation importée), augmenter les surfaces consacrées au maraîchage et à d’autres cultures plus traditionnelles comme le blé noir, le lin, réduire les cultures consommatrices d’eau ;
  - développer de manière importante l’agriculture bio ;
  - développer une agriculture de qualité porteuse de labels officiels (Appellations d’origine contrôlée AOC ou AOP, Label rouge, Agriculture Bio, Bio Cohérence, Agri-éthique France...).

Nous vous recommandons la consultation du site splann.org